Extraordinaire Pantanal !

 

Depuis longtemps ce nom mythique, qui résonne d’une façon très particulière aux oreilles de tout photographe animalier, surtout s’il est spécialisé dans la photo d’oiseaux, nous taraudait !

 

Au fil des documents accumulés, des articles lus et relus, des guides achetés déjà bien à l’avance, la décision fut prise de nous y rendre en 2013. Nous y avons séjourné en aout, en pleine saison sèche, la période la plus propice à l’observation des habitants de plumes et de poil…mais aussi d’écailles !!

 

Si en aout c’est l’été chez nous, au Brésil c’est l’hiver, enfin un hiver tout relatif mais parfois bien présent ! Le ciel rouge si photogénique d’un lever de soleil sur les palmiers carandas, annonçait un fort vent de sud générateur de froid et en une nuit nous sommes passés d’une ambiance tropicale à une ambiance presque polaire, la température ayant chuté de 20° !! Mais qu’importe ce tracas météorologique n’a aucunement ralenti notre ardeur à découvrir cet étonnante partie du monde !

 

Le nom "Pantanal" dérive du mot "pantano" qui signifie marais. Il est composé de différents habitats : prairies inondables de façon saisonnière, forêts-galeries, lacs et lagunes, forêts sèches et semi-décidues, zones buissonneuses. C'est une immense plaine alluviale (210 000 km² environ soit un tiers de la France quand même !) s'étendant dans le bassin supérieur du fleuve Paraguay. Il s'étale sur trois pays, mais 80 % de sa surface sont situés au Brésil (états du Mato Grosso et du Mato Grosso do Sul), 10 à 15 % faisant partie de la Bolivie et le reste du Paraguay.

 

Il est séparé de l'Amazonie par le plateau ("planalto") du Mato Grosso et des massifs montagneux peu élevés, comme la Serra das Arars, la Chapada dos Parécis ou la Chapada dos Guimarães. Ces hautes terres, autrefois couvertes de cerrado (savane arborée, une formation très menacée par l'agriculture), forment la ligne de partage des eaux entre les bassins de l'Amazone et du Paraguay. De nombreuses rivières rejoignent le Paraguay dans le Pantanal, notamment les rios Taquari, Miranda, Negro, Cuiabá, São Lourenço et Aquidauana. La zone est très plane (sa déclivité très faible : 1 à 2 cm/km selon un axe Nord-Sud et 6 à 12 cm/km d'Est en Ouest), ce qui signifie que durant la saison des pluies, il est presque entièrement sous les eaux qui mettent longtemps à s'évacuer via le Paraguay. La saison humide, durant laquelle se concentrent 80 % des précipitations, va d'octobre à mars.

 

Sur les plateaux du Mato Grosso, d'abondantes pluies tombent entre janvier et mars, provoquant un afflux soudain vers le sud. Ces inondations saisonnières rythment le cycle biologique de toutes les espèces animales et végétales : les poissons se reproduisent ainsi durant la période des hautes eaux, tandis que les échassiers (ibis, spatules, hérons...) construisent leur nid au début de la saison sèche, quand les eaux commencent à se retirer et que leurs proies sont peu à peu acculées dans les lacs et rivières.